Les travaux de restauration

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Depuis l’acquisition en 2004 de la part abbatiale du monastère, le Département de l’Aude s’est engagé dans un vaste programme de réhabilitation et de valorisation des bâtiments. Deux grands chantiers viennent de se terminer!

Les travaux de mise en conformité pour l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite.

L’abbaye de Lagrasse est désormais accessible aux personnes en situation de handicap. Le Département de l’Aude a rénové la partie publique de l’abbaye pour mieux accueillir ses visiteurs, notamment les personnes à mobilité réduite, qui peuvent maintenant accéder à l’ensemble du rez-de-chaussée, y compris les extérieurs.

Une nouvelle vidéo de 12 mn, sous-titrée pour les personnes malentendantes, permet à tous de découvrir l’histoire du Monument, et d’en voir tous les espaces. Un petit aperçu ?

 

Retrouvez ci-après le livret de l’exposition sur les travaux menés par le Département en 2016 :

Les travaux de la chapelle de l’Abbé Auger ou le sauvetage d’un bâtiment en péril

coupe chapelle

Le mois de septembre 2014 a marqué le départ d’une salutaire restauration des vestibules des chapelles haute et basse de l’abbé. Si la chapelle haute de l’abbé a été en partie restaurée au milieu du 20ème siècle, la sauvant ainsi de la ruine, il n’en a pas été de même pour son vestibule  simplement mis hors d’eau. D’importants désordres étaient visibles au niveau des décors peints. Le vestibule du rez-de-chaussée, quant à lui, présentait des altérations plus préoccupantes encore. Le plancher  étayé comportait une poutraison dont les bois avaient souffert de la présence de termites. Et le plafond peint du vestibule bas, profondément délavé par les eaux, présentait un état d’altération important. Les travaux sur le bâti, fragilisé par le temps et les remaniements divers, consistérent à rétablir la cohésion des murs et l’étanchéité des parements.  Rejointer en profondeur l’ensemble des parements, colmater les brèches et remanier la toiture ont marqué les étapes principales de cette restauration.

Vue de la partie inférieure du mur Ouest. Les trous de scellement des supports d’étagères établies à une époque récente devront être rebouchés et un complément d’enduit sera établi.

Vue de la partie inférieure du mur Ouest. Les trous de scellement des supports d’étagères établies à une époque récente devront être rebouchés et un complément d’enduit sera établi.

Le vestibule de la chapelle haute a nécessité un travail parallèle et délicat de conservation des peintures et de confortation des maçonneries, bouchement des brèches et trous divers, accompagné d’une refixation des enduits. Il a été nécessaire d’effectuer une intervention préalable de consolidation des décors, avant d’entreprendre toute intervention sur le bâti et sur les peintures. La confortation du plancher a été réalisée après la consolidation des décors et avant celle des travaux de restauration proprement dits des parements et des décors.

vestibule bas

L’humidité de cette pièce, longtemps confinée, a entrainé l’altération profonde du plancher bois.

Le vestibule bas avait subi de nombreuses avanies au cours des siècles, qui occultaient la qualité et le soin qui lui avaient été apportés lors de sa création. La restauration a eu pour objectif de redonner aux murs et sols un aspect qui permette de mettre en valeur le plafond qui a également été restauré. Les travaux ont consisté à conforter les maçonneries, rétablir les enduits, poser un revêtement de tomettes sur le sol. La restauration du plancher séparant les deux vestibules posa d’emblée une double nécessité : d’une part, assurer un renforcement du plancher pour permettre une résistance suffisante pour recevoir du public dans le vestibule haut; d’autre part, assurer une précieuse conservation du plafond datant de l’abbé Auger (bois et peintures) visible depuis le vestibule bas.

Belle découverte archéologique !

Les travaux de restauration engagés nous ont réservé une belle surprise. Lors de la dépose des carreaux de terre cuite – d’époque récente – du vestibule de la chapelle haute, l’équipe de maçons a mis au jour les empreintes d’un pavement du XIIIe siècle.

Photographie Bernard Pousthomis / Hadès

Photographie Bernard Pousthomis / Hadès

L’abbé Auger de Gogenx fait édifier sa chapelle privée en 1296. Il pare le sol de la nef  de magnifiques  tapis de terres cuites vernissées, encore visibles aujourd’hui. Ce que l’on découvre, c’est que le sol du vestibule fut alors traité avec autant d’attention. Les ouvriers ont mis à nu le négatif de ce pavement ; les empreintes des carreaux de terre cuite apparaissaient de façon très nette. Quelques carreaux, dont un à fleur de lys, ont également été retrouvés.

Photographie Françoise Sarret

Photographie Françoise Sarret

Cette découverte d’importance a fait l’objet d’une étude de la part de la Conservation des Monuments Historiques, de la DRAC et de la société archéologique HADES. Un sol de terres cuites, reprenant l’agencement du motif découvert, a donc tout naturellement été mis en place. Une grande réussite !